A la rencontre des Personnes Qualifiées en PACA
Une enquête régionale menée en 2015 auprès des établissements et services médico-sociaux intervenant dans le secteur personnes âgées (436 ESMS répondant, soit un taux de retour de 53,9%) a montré que seules 3 personnes auraient eu recours à une Personne Qualifiée sur toute la région entre 2014 et 2015.
Par ailleurs, seuls 262 ESMS déclaraient avoir connaissance de la liste de ces personnes qualifiées.
De ce fait, en 2016, l’ARS PACA a mandaté France Assos Santé PACA (anciennement CISS PACA) pour la mise en place d’un projet visant à soutenir les Personnes Qualifiées. Ce projet a débuté en 2018 au vu du relais de mise en place des arrêtés de chaque département.
La Conférence régionale de la santé et de l’autonomie, et notamment Michèle TCHIBOUDJIAN, Présidente de la Commission spécialisée dans le domaine des droits des usagers, s’est saisie de cette thématique et souhaite que ces actions d’appui au dispositif des Personnes Qualifiées soient relancées dans les meilleurs délais.
Ce projet doit se dérouler en 2 phases :
Septembre 2018 à Juin 2019 :
Rencontres des Personnes Qualifiées désignées du territoire, à l’occasion de cafés collaboratifs « A la rencontre des Personnes Qualifiées », rassemblant tous les acteurs liés à ce dispositif.
En partenariat avec Eric BASSO, médiateur agréé Marseille médiation, ces rencontres auront lieu de 9h30 à 11h30 et réuniront les Personnes Qualifiées, les représentants des formations des usagers des Conseils territoriaux de santé, les représentants des fédérations médico-sociales dans le département, les représentants des délégations départementales et des conseils départementaux et préfectures concernés.
L’objectif de ces rencontres est de recueillir la parole des différents acteurs de ce dispositif afin de définir des pistes d’actions concrètes (actions de formation, développement d’outils collaboratifs, etc., retour d’expériences en CTS,… ) pour l’optimiser et l’inscrire dans une démarche globale d’animation de la démocratie en santé sur le territoire.
Objectifs opérationnels :
- Aller à la rencontre des Personnes Qualifiées pour connaître leurs pratiques sur le territoire Paca et ses spécificités potentielles en fonction des départements, à savoir :
- le cadre d’exercice de sa fonction de Personne Qualifiée : le nombre de mandats, lieu d’exercice, suppléance ;
- le temps consacré à la fonction ;
- les modalités d’exercice de la fonction (réunion, permanence, sur RDV + participation au débat public, jurys citoyens, …) ;
- ses relations avec les usagers (mise en réseau, animation de communauté,…) ;
- ses relations avec les professionnels de santé (retour + formation des professionnels,…) ;
- les moyens mis à disposition et utilisés ;
- les leviers de son action : informer/ s’informer/se former/ former,… ;
- ses relations avec les autres Personnes Qualifiées.
- identifier les potentielles difficultés inhérentes à l’exercice de sa fonction ;
- identifier leurs besoins en termes de formation, d’information, de ressources ;
- connaître la perception que les Personnes Qualifiées ont de leur mission et de leur positionnement de demain.
Juin à Décembre 2019 :
Rédaction d’un plan d’actions en fonction des RETEX réalisés lors des cafés collaboratifs, dont la construction et la mise d’un plan de formation des Personnes Qualifiées et des parties prenantes du dispositif.
Finalité du dispositif :
Le dispositif de soutien et d’accompagnement des personnes qualifiées a pour finalité de mieux les connaître (pratiques, besoins) :
- accompagner la définition de l’offre de formation et de s’assurer des bonnes conditions de leur formation en fonction de la réalité du cadre d’exercice de leur mission ;
- mesurer l’adéquation des moyens matériels qui leur sont alloués avec l’évolution de leurs missions et de leurs relations avec l’usager connecté ou l’e-usager ;
- valoriser l’action les Personnes Qualifiées en leur donnant la parole et en allant à leur rencontre sur le territoire ;
- nourrir la réflexion de l’Agence dans le cadre du déploiement du plan d’actions opérationnel du PRS 2 visant à garantir et développer les conditions d’exercice de la démocratie en santé dans le médico-social.
Grand Débat national sur la Santé organisé le 15 mars 2019
France Assos Santé Paca a eu le plaisir d’organiser dans le cadre du Grand Débat national une rencontre d’échanges sur la thématique de la santé.
« La Santé, notre patrimoine individuel et collectif,
Comment se l’approprier et le défendre ? »
Contenu de l’invitation à la réunion-débat :
« L’union des associations agréées du système de santé - France Assos Santé en Paca souhaite que la voix des usagers en santé soit portée au sein du Grand Débat National. Vous êtes concernés directement par une problématique de santé en tant qu’usager du système de santé, aidant, proche, représentant d’usagers, professionnel ou personne investie dans le domaine, alors, venez prendre la parole ! L’ensemble des réflexions et propositions faites par les citoyens-usagers rencontrés lors de cet événement sera déposé sur le site du Grand Débat. Il est important de faire entendre votre voix ! »
Public attendu :
Cet événement était ouvert au public dans la limite de 40 participants. L’inscription était requise.
15 personnes se sont inscrites et 15 personnes ont participé à cette réunion.
Une feuille d’émargement a été réalisée, mais le compte-rendu a été anonymisé.
Comment la réunion s’est-elle passée ?
Cette réunion s'est déroulée dans une ambiance agréable le vendredi 15 mars 2019 de 14h à 15h30 à la Maison de la vie Associative d’Aix en Provence. L'organisateur/animateur, France Assos Santé Paca, a introduit le débat en rappelant le sujet, les objectifs et le cadre des échanges. Les constats et les propositions étaient nombreux et constructifs.
Quels ont été les constats ou les diagnostics exprimés sur le thème du débat ?
La Santé a été trop peu évoquée dans le grand débat.
La Santé n'est pas suffisamment prise en compte dans les politiques publiques.
La vision de la Santé est trop sanitaire en France : la prévention et le médico-social ont leur place !
Les lobbies pharmaceutiques et les lobbies de produits chimiques sur l’environnement ont un poids trop important.
La médecine de ville ne travaille pas suffisamment de manière collective.
Le service public en santé se réduit d'année en année (privatisation de nombreux établissements sanitaires).
Les droits des usagers du système de santé ne sont pas suffisamment respectés : importance de les faire respecter pour éviter les discriminations.
Quelles sont les propositions qui ont émergées des discussions ?
- 15 propositions ont été mentionnées pour mieux vivre avec le diabète, elles sont issues d'un an de travail lors d’États Généraux sur le sujet ;
- Plus de moyens financiers sur la prévention, pour plus d'actions concrètes de terrain en proximité, aller vers une prévention plus ciblée, et ne pas limiter la prévention à des conseils ou de l'information orale ;
- Les usagers sont guidés par des professionnels de la Santé (sanitaire, prévention, médico-social) mais ils doivent co-agir (alliance thérapeutique, éducation thérapeutique et l'auto-surveillance sont à développer et à encourager) ;
- Les injonctions en santé (prévention et soin) marchent peu, il faut une adhésion de la personne concernée et pour cela il faut impliquer les personnes ;
- Plus de moyens financiers sur le médico-social ;
- Lutter contre les inégalités d'accès aux soins ;
- Promouvoir la santé dans les politiques publiques et particulièrement locales : à chaque fois qu'une politique publique se met en place, il faut que l'axe santé soit prédominant ;
- Besoin d'une politique municipale de santé. Décentraliser la santé auprès des collectivités territoriales. Les responsables des CT devraient s'approprier les politiques de santé ;
- Les médecins libéraux doivent s'impliquer collectivement dans des actions touchant à la santé publique ;
- Développer le travail collectif des médecins libéraux : maisons de santé, cabinet de groupe pour moins d'isolement, plus de proximité, relais sur les interventions à domicile ;
- Proposer plus de maisons de santé et sécuriser les financements de celles-ci ;
- Apprendre à tous, les gestes de 1 ers secours, utilisation du défibrillateur et également le repérage précoce et interventions brèves sur les situations de crise en santé mentale ;
- Développer une politique financière plus large que le remboursement des médicaments (activités de loisirs, activités de sport adapté, équilibre alimentaire ...qui contribuent à la Santé) ;
- Les CPTS (Communautés professionnelles de territoire de santé) doivent avoir un financement pérenne, et pas seulement pour "lancer la machine" ;
- Mieux faire connaître les pathologies psychiatriques et faire la part des choses entre réalité et fantasme ;
- Développer les interventions à domicile en santé mentale et notamment le RPIB sur les troubles psychiques et la prévention/gestion des situations de crises, et davantage former les professionnels à ce type d'interventions ;
- Développer les équipes mobiles spécialisées ;
- Les personnes âgées ayant des troubles cognitifs sont souvent exclus d'EHPAD : nécessité d'y être plus attentifs, d'avoir un esprit d'inclusion au sein de la cité, développer la prévention par l'intergénérationnelle et l'habitat intergénérationnel, plus d'appartements thérapeutiques, diversifier les offres, mettre en évidence les différentes expériences/choix à la carte, et que l'argent ne soit pas un frein ;
- Favoriser l'accès au logement des plus fragiles : personnes âgées ayant un handicap ou un troubles psychiques.
Des avis divers, voire opposé se sont-ils exprimés ?
Il n'y a pas eu d'avis opposés, il y a eu des complémentarités dans les propositions avancées.


